Des témoignages sont recherchés sur la vie dans les Basses-Pyrénées pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il y a eu la Résistance, la ligne de démarcation, le camp de Gurs. Mais, contrairement à ce que l'on peut penser, les récits, traces et témoignages que l'on a recueillis sur la manière dont la Seconde Guerre mondiale a été vécue dans les Pyrénées-Atlantiques ne sont pas si nombreux que cela.

« Alors que le public manifeste un intérêt croissant pour cette période, le sujet demeure largement méconnu », estime Claude Laharie.

Celui-ci préside une association d'anciens enseignants passionnés par les années sombres qu'a traversées, entre 1939 et 1945, ce département qui avait alors pour nom les Basses-Pyrénées.

« Un livre, publié voici une quinzaine d'années, fait référence. Il a été écrit par Louis Poullenot et édité chez Atlantica. Mais, en dépit de sa grande qualité, il ne dit pas tout. Beaucoup de questions demeurent sans réponse. Il en va de même sur Internet, qui est un média de plus en plus utilisé. »

Pour résoudre le problème, un vaste projet est aujourd'hui lancé. Il consiste à faire l'inventaire de tout ce que l'on possède déjà sur cette période.

Ci-dessous des civils et des militaires s'embarquant pour l'Angleterre à Saint-Jean-de-Luz le 20 juin 1940, après l'appel du général de Gaulle. Photo archives « sud OUEST »

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Dans le même esprit, toutes les personnes qui disposent de textes, de documents ou de témoignages sont invitées à entrer en contact avec l'Office national des anciens combattants, qui est basé à Pau (1).

« Cela peut être très varié. Ce qui nous manque le plus, ce sont des témoignages d'anonymes. Des gens qui ont connu la vie quotidienne pendant la guerre, sous tous ses aspects. Y compris les privations, le marché noir, etc. »

« D'autres sujets sont peu ou mal maîtrisés, comme les prisonniers de guerre, les évadés de France, l'opinion publique, la presse, le mur de l'Atlantique, les réquisitions, la spoliation des biens des juifs, les passages vers l'Espagne, le Service du travail obligatoire », expliquent les responsables de cette enquête, qui sera menée sur au moins quatre ans.

Celle-ci devrait déboucher sur la création d'un site Internet, mais également sur des publications, des conférences, des rencontres et colloques.

Le travail a débuté. Parmi les chercheurs, on trouve les membres de l'association Les Basses-Pyrénées dans la Seconde Guerre mondiale, tout comme des professeurs de l'université de Pau et des Pays de l'Adour ou encore le Conseil général, par le biais des Archives départementales et de son antenne bayonnaise.

Toute association culturelle ou patrimoniale intéressée a également été conviée à se joindre à cette démarche. Ce qui est déjà le cas du musée de la Résistance et de la Déportation de Pau et de l'Udac 64. « Un travail sera également mené sur les lieux de mémoire. »

Aucun sujet n'est tabou : « Autant ce type de recherche aurait pu poser problème voici une trentaine d'années, autant l'heure de l'histoire est maintenant arrivée. »

(1) Courrier à adresser à Les Basses-Pyrénées dans la Seconde Guerre mondiale, Onac, 3, avenue Dufau, 64000 Pau. E-mail : jean-françois.vergez@onacvg.fr Téléphone (le jeudi matin) au 05 59 02 22 44.